Mercredi 28 juillet 2010 3 28 /07 /Juil /2010 18:45

Si on rêvait? Je suis dans une période où je rêverais de créer un 13e mois, douillettement logé entre le mois de Juillet et le mois d'Août... comment l'appelerait-on, d'ailleurs? Et d'où vient le nom des mois de l'année?

Tout remonte à Jules César, qui a fixé le calendrier Julien, en 46 av. JC, divisant l'année en 365 jours et 12 mois, et débutant au 1er mars. Les noms de mois empruntent donc autant à la mythologie romaine (Janus, Mars, Junon...) qu'aux empereurs romains, Jules (César) et Auguste, qui se partagent l'été, pour finir avec un comptage pur est simple de septembre à décembre. Mais depuis d'Edit de Roussillon pris par Charles IX en 1534, l'année commence en Janvier et non en Mars, ce qui rend ce comptage erronné... Plus poétiques, les noms de mois du calendrier révolutionnaire de Fabre d'Eglantine, initié le 22 septembre 1792, an I de la République, se calquaient sur des métaphores naturelles, et sur les mêmes racines latines ... Selon un principe simple : les 3 mois d'été, symboles de fertilité, portaient le suffixe -or; l'automne - aire; l'hiver -ôse; et le printemps -al.

Certains mois révolutionnaires sont devenus des symboles célèbres - et pas très gais : Germinal, grâce à Zola, Brumaire, grâce à Napoléon et Karl Marx réunis, ou Thermidor, grâce à Robespierre (et au homard!). Le 1er janvier 1806, Napoléon remit cependant en vigueur l'ancien calendrier, celui des Rois et des Empereurs, laissant là l'héritage républicain...

Cela ne nous dit toujours pas comment baptiser ce petit mois de vraies vacances dont je rêverais... un nom d'île déserte, où je pourrais fuir les mille ocupations qui dévorent mon été, un nom qui sentirait le sable chaud, le clair de lune et le vent tiède...

Je l'appelerais Malima, un petit atoll des Fidji...

Vivement Malima!

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Mardi 13 juillet 2010 2 13 /07 /Juil /2010 12:23

On oublie un peu trop vite qu'il existe des lieux, pas si éloignés de nous finalement, où ce qui remplit notre quotidien est secondaire, et ce qui nous parait secondaire essentiel.

Pour exemple, quelques jours dans des régions hors des sentiers battus, loin de tout réseau, internet ou téléphone, dans les landes sauvages de Lozère, d'Aubrac et de Cévennes, m'ont rappelé que des gens vivent à un autre rythme que le nôtre, moins effréné et pourtant pas moins riche, où le sentiment de l'immensité et de démesure ne vient pas tant de la galaxie infinie des connexions que nous ne cessons d'établir, que dans le contact des éléments bruts - l'eau, l'air, le bois, la lumière... Une vie foisonnante et mystérieuse qui n'a nul besoin de l'homme pour s'épanouir, tantôt accueillante et tantôt rugueuse.

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Vendredi 25 juin 2010 5 25 /06 /Juin /2010 18:44

Je ne m'étais jamais posé la question avant... mais en lisant, et en croisant sur mon chemin, Italo Calvino et Daniel Arasse, respectivement romancier et critique d'art, j'en viens à l'évidence de la symbolique de l'escargot...


J'ai découvert fort tard que la raison qui avait poussé le Baron italien à finir sa vie perché était son refus, enfant, de manger des escargots - et je réalise à quel point j'ai été proche, moi aussi, de finir ma vie dans les arbres tant j'ai été traumatisée dans ma plus tendre enfance par les pratiques culinaires, que je jugeai alors barbares, de mon arrière-grand-père qui, friand de gastéropodes, nous avait servis un dimanche à déjeuner les nouveaux "amis" que ma soeur et moi avions passé des jours à apprivoiser dans le jardin, jusqu'à décorer leurs coquilles de signes distinctifs que nous ne reconnûmes que trop bien, et avec horreur, dans nos assiettes.


Le meurtre de l'escargot serait-il si dramatique? Il y a quelque chose dans ce gastéropode d'intemporel et de vaguement rassurant, autant par son apparition toujours surprise au détour d'un chemin ou d'une feuille aux premières gouttes de pluie - même en ville, pour peu qu'on soit à proximité d'un espace vert - que par les réminiscences de l'enfance et des longues minutes passées à observer cet animal étrange, aux antennes toujours tâtonnantes et à la progression interminable.


Or l'escargot est partout, et même dans l'art, comme l'a souligné Daniel Arasse de façon aussi humoristique que philosophique : il suffit de revenir à sa passionnante lecture de l'Annonciation de Francesco del Cossa, peintre italien du XVe siècle, où évolue au premier plan, et de façon très icongrue, un escargot, pour comprendre que notre ami à cornes et à coquille est justement toujours un peu à la limite entre deux mondes, là où on ne l'attend pas, et prêt à faire basculer notre regard vers un ailleurs où le temps et l'espace changent radicalement d'échelle.


Pour moi, chaque rencontre avec un escargot est un petit moment d'éternité, de temps suspendu, qui relativise toutes les urgences et réveille un sourire intérieur qui redonne un goût d'enfance et de dérisoire à nos vies urbaines surbookées...

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Jeudi 24 juin 2010 4 24 /06 /Juin /2010 09:29

Souvent, les actualités me fatiguent. Partez une semaine ou quinze jours quasiment sans nouvelle, et vous retrouvez quasi exactement les mêmes... la preuve, la Grèce continue à être en crise, la marée noire du Golfe du Mexique à s'étendre, et les Français à être mécontents... et encore, avec la loupe ultra déformante de nos préoccupations occidentales et un tantinet mesquines, tant les guerres, épidémies et catastrophes qui déciment les pays sous-développés sont miraculeusement évincés par des histoires de joueurs et de ballons...

Difficile pour autant de boycotter le flux médiatique. Mais pour tenter de garder des pieds sur terre, je m'intéresse aujourd'hui à deux actualités, qui relativisent grandement l'agitation quelques poignées d'hommes sur l'écorce de notre planète : celle de mes plantes vertes, et celle des galaxies lointaines.


Je ferais bien ma une sur ma fougère qui elle, en deux semaines d'absence, s'est métamorphosée. On a eu beau se plaindre sur le printemps ou l'été qui n'arrivaient pas, cela semble ne pas l'avoir affectée tant elle a doublé son feuilage, et semble exiger un rempotage ! Ca tombe bien, elle était arrivée chez moi il y a quelques mois, dans un élan de bonne volonté écologique pour "dépolluer" mon ambiance intérieure. Je serais bien incapable de dire ce qu'elle dépollue, mais elle se plaît, c'est déjà ça. Ma collection de minicactus aussi, qui m'a offert un échantillon de floraisons déconcertantes, et qui compense la triste actualité des orchidées, qui semblent regretter l'âge d'or de leur élevage en serre, tant elles peinent à faire pousser quelques feuilles bien peu vaillantes, et abandonné tout projet de floraison nouvelle pour cette année.


L'infiniment grand maintenant : revenant à mes premières amours (ayant été lectrice assidue de Sciences&Avenir toute mon adolescence), l'actualité des lentilles gravitationnelles, comme on les appelle, est tout bonnement fascinante. Il s'agit d'un amas de galaxies qui, placées entre l'observateur (un quelconque Terrien diplômé en astronomie) et des étoiles encore plus lointaines, produisent un effet "loupe" déformant ou amplifiant la lumière. Sans aller au delà dans la vulgarisation de vulgarisation, je ne peux que m'émerveiller du résultat : on peut étudier des étoiles et des galaxies à une distance - et une proximité temporelle  (chacun sachant grâce à Star Trek que vitesse de la lumière oblige, l'image des étoiles qui nous parvient est celle du passé) inconnues jusqu'à maintenant. Evidemment, la galaxie SMM J2135-0102 qui vient d'être découverte gagnerait à être rebaptisée de façon plus sexy par Ulysse31 et consorts...


En bref : crise ou pas crise, la photosynthèse résiste, et les nurseries stellaires prospèrent. Enfin des bonnes nouvelles!

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Mercredi 23 juin 2010 3 23 /06 /Juin /2010 15:40

Petite, je rêvais de m'appeler Julie, et de mener autre une vie, plus palpitante et surtout où j'aurais meilleur caractère... Que serait-elle devenue aujourd'hui? Elle rêvait d'être exploratrice, ou de changer de métier chaque jour, insatiable de nouvelles expériences.

Aujourd'hui, je commence un nouveau métier, celui de bloggeuse : espérant qu'il dure plus qu'un jour, et qu'il ouvre une fenêtre sur les découvertes que Julie aurait à me faire partager, et réciproquement.

Pourquoi "Julie" d'ailleurs? Que celles qui portent ce délicieux prénom m'en excusent, j'y ai toujours associé une image un peu pimbêche, mais aussi pleine de caractère, le contraire - ou le remède ? - de ma timidité naturelle. Et surtout, un prénom "passe-partout", qui contraste avec le mien, bien trop "original" - en réalité, unique ou presque - à mon goût. Paradoxe, d'ailleurs, puisque ladite Julie se voulait originale, mais par sa vie plus que par son nom, vraisemblablement.

 

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Fleurs à l’haleine colorée
Fruits sans détours câlins et purs
Fleurs récitantes passionnées
Fruits confidents de la chaleur
J’ai beau vous unir vous mêler
Aux choses que je sais par coeur
Je vous perds le temps est passé
De penser en dehors des murs.

Paul Eluard, Le Livre Ouvert

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